| La doléance d'Eve |
| Écrit par Nobel | ||||
| 08-03-2009 | ||||
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Adam! Mon cher Adam! Moitié de ma chair et de mon âme! Souviens-toi, Que nous faisions autrefois, Toi proton, Et moi électron, Un couple androgyne A l’image de la «Puissance Divine », Deux forces sacrées et contraires, Créatrices et complémentaires, Et à l’image du Dieu Père et de la Déesse Mère, On a d’abord produit la lumière, Puis, moi, l’oxygène, Et toi, l’hydrogène Sous l’ordre du Couple Très-Haut Nous avons ensemble généré l’eau. Et l’ingrédient de la «soupe pré biotique» étant prêt, Quelques millions d’années après, Nous avons d’abord créé la vie unicellulaire, Avant d’en faire les créatures métazoaires. Puis ta lame a pénétré mon calice Et ta graine s’est plantée dans ma matrice ; Et ainsi à l’image du Couple-Divin Avec l’union de mon élément sacré féminin Et ton élément masculin, Ou l’ajout de ta fécondante semence, On a généré de nombreuses descendances, A l’image de Dieu Le Père, Et de la Déesse Mère. Pourtant, je n’ai jamais compris l’absurdité Que tu aies cruellement traité, De pécheresse et de prostituée, La femme qui t’a donné Les enfants dont tu es le père, Et de «Vierge » et de Servante », la Mère Qui t’a donné la vie sur terre; Et ainsi d’avoir interpolé à ton profit Le Saint-Livre qui nous dit, «Et Dieu créa à son image Eve et Adam », Comme : Et Adam engrossé, accoucha de sa femme! Que le Très-Haut Couple te pardonne, mon âme, Serais-tu donc, toi-même le créateur de ta femme? Enfin si c’en était le cas, Pourquoi donc l’homme n’a-t-il pas Continué à se faire engrosser et à mettre bas, A la place de la femme qui continue à souffrir, Et tout en donnant des vies, continue à mourir ? En effet ce n’était qu’un subterfuge, Pour m’accuser d’être à l’origine du déluge, Et de tous les maux et les calamités Qui frappaient depuis l’humanité. J’implore pourtant, sans aucun état d’âme Et sans rancune, au nom de toutes les femmes Victimes des calomnies les plus infâmes Que Le Très-Haut te pardonne, mon âme Le plus odieux péché De m’avoir empêchée De goûter aux fruits exquis Avec les scientifiques et les érudits De l’«Arbre du Savoir et des Connaissances », De m’avoir condamnée à l’ignorance, Méprisée avec arrogance, Traitée avec violence, Et aveugle comme une chauve-souris Qui, dans les ténèbres trouve abri, Fuyant la lumière, D’avoir brandi le spectre de l’enfer Devant mes yeux, Lorsque je voulais vivre libre et mieux. Mais en fin de compte, par pitié et tolérance, Et bien que j’aie subi tes pires violences, Puisque tu t’es rétabli de tes accès de folie Et que tu t’es débarrassé de la mégalomanie De te prendre pour un dieu-homme sur terre, Et de te croire supérieur à ta femme et à ta mère, Au nom de toutes mes congénères Victimes d’imposteurs et des oracles, Faiseurs de faux miracles, Et des sorciers et des marabouts, Cette engeance d’escrocs et de gourous, Ces vampires voraces, ces rapaces, Pour qui la religion n’est qu’une carapace, Je te pardonne et tes cruautés et tes absurdités, Et dans l’espoir que plus tard, pour l’éternité, Le remords, Après la mort, Mué en vers de terre, Te rende les lourdes pierres Moins pesantes et plus légères, Et que, ces implacables vers de terre Te traitent avec pitié et indulgence, Et qu’ils ne te rongent point la conscience. Et à la fin, oubliant toutes les rancoeurs, Au nom de toutes les femmes, mes sœurs, Je te souhaite de tout mon coeur Que, dans ta dernière obscure demeure, Tu te reposes en paix. Repose-toi en paix… Repos… Paix… P…. Signé: Eve, Mère de l’Humanité. EPINAY S/SEINE LE 04 MAI 2007 Hits: 1269
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| Dernière mise à jour : ( 09-03-2009 ) | ||||