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A toutes les femmes: "Mea-Culpa à titre posthume" - "ILK SUC ITIRAFI" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Nobel   
08-03-2008

Aujourd'hui 8 Mars, Journée internationale de la Femme, Athétürk a choisi de dédier ce poème à toutes les femmes dont la liberté (sexuelle, de conscience, de choix de vie...) a été baffouée de tout temps par les différentes religions instrumentalisées par les hommes. Aujourd'hui, le combat est loin d'être terminé, notamment pour celles à qui l'on fait croire que le voile islamique serait symbole de liberté, que se cacher du regard des hommes les rendraient plus proches du paradis, qu'elles auraient besoin de la protection d'un homme comme le projet de Nouvelle Constitution du premier ministre Erdogan souhaiterait promulguer. Nos pensées vont à toutes celles qui se battent pour leur liberté.

MEA-CULPA A TITRE POSTHUME
Eve! Ma chère Eve!
Mon cœur, ma sève!
Œuvre quintessenciée divine!
Merveilleuse créature féminine!
Est-ce que tu m’entends?
C’est bien Adam, le repentant,
Qui, aux jardins d’Eden, s’était mué en serpent,
Te parle à l’instant même du fond de sa tombe:
Au nom de tous les hommes, il m’incombe
De me reconnaître bête et coupable,
M’étant caché derrière le masque du Diable,
D’avoir entâché,
De l’originel péché,
Ton petit cœur, ce temple de l’amour,
Que tu m’avais offert sans retour.
Pardonne-moi Eve, sublime femme,
Ma sève, mon cœur, mon âme,
Pardonne-moi le mensonge le plus odieux,
M’étant pris sur terre, pour homme-dieu,
Que je t’aurais de «mes os créée »
Et que tu serais de « ma côte procréée »;
Et l’escroquerie d’avoir accaparé
Le rôle secondaire, celui du Dieu-père,
Et le plus sacré, le tien, celui de la Déesse-mère,
Afin que tu m’obéisses à la parole et à la baguette,
Et que tu me servisses comme une soubrette.
Pardonne-moi Eve sublime femme!
Ma femme, mes sœurs, mes filles, mon âme,
Femmes aux yeux azur, femmes aux yeux noirs,
Femmes aux yeux verdure, femmes aux yeux - miroir,
Qui reflètent aux misogynes leur double prémonitoire.
Pardonne-moi Eve, merveilleuse femme,
Ma femme, mes sœurs, mes filles, mon âme,
Perles rares, diamants sans défaut,
Jetés devant les pourceaux,
Pardonnez-moi l’horrible péché,
De vous avoir empêchées
De goûter aux fruits exquis
De l’«Arbre de la Connaissance
Du Bien et du Mal », en toute conscience,
Qui vous aurait permis de séparer,
Le bon grain de la livraie,
Et d’éviter d’ingurgiter des fruits pourris
Et de faire de vous, des femmes nourries
D’ignorence et de superstitions
Et qui n’auraient au monde comme mission
Que la vile servitude et la soumission
Aux hommes sadomasochistes et vicieux
Qui se prennent pour les représentants de Dieu,
Vous immergent dans les gouffres de l’ignorance
Vous causent d’indicibles souffrances,
Et ainsi dévient-ils la «Divine Balance ».
Pardonnez-moi Eve, et vous les femmes!
Ma femme, mes filles, mon âme,
Mes sœurs, mon cœur,
Femme de toute couleur,
Femmes séquestrées, femmes violées,
Femmes battues, femmes lapidées,
Toutes victimes du crime le plus infâme,
Que moi-même j’avais commis et souillé mon âme,
Tout en interpolant les divins versets
Qui bénissaient l’amour et la vie sans excès,
Et prônaient l’équité entre l’homme et la femme,
Et maudissaient et le violeur et le violent et le polygame.
Et aveugle comme une chauve-souris
Qui, dans les ténèbres trouve abri,
Ebloui, je fuyais la lumière,
Et je brandissais le spectre de l’enfer
Devant tes beaux yeux,
Lorsque tu voulais accéder au « Savoir des dieux ».
Ah! Ingrat et cruel que j’étais,
Car c’était toi qui, hiver comme été,
Les paupières alourdies d’insomnie,
Et de froid grelottante et transie,
La tête penchée sur le berceau de ton bébé
Qui criaillait et vagissait,
De ta douce voix le berçais;
Alors que moi, égoïste et gonflé,
Dans mon lit douillet, je ronflais….
Pardonne-moi Eve, sublime femme,
Ma femme, mes sœurs, mes filles, mon âme,
Pardonne-moi la mauvaise posture,
D’avoir mené une vie souillée d’ordures,
Et d’avoir été un vil exemple pour mes progénitures.
Et ce jour du jugement dernier où mon âme éxpire,
Je retourne dans ma tombe pour éviter le pire,
La conscience rongée de regrets et de remords,
Et au nom de tous hommes vivants ou morts,
Je m’incline devant vous, femmes martyres,
Victimes des cagots et des bigots et des satyres,
Des oracles,
Et de leurs faux miracles;
Et des sorciers et des marabouts,
Et des voyants et des voyous,
Cette engeance d’escrocs et de gourous,
Ces vampires voraces, ces rapaces,
Pour qui la religion n’est qu’une carapace!
Cœurs brisés,
Colombes martyrisées,
Et je vous demande pardon!
Mille fois pardon!
Encore une fois pardon !
Mille et une fois pardon!
Pardon!
Par…
Pa.
P.
E. GUNES
Fils d’un dignitaire religieux musulman, et ancien professeur de langue et littérature françaises à l’Université de DIYARBAKIR-TURQUIE

ILK SUC ITIRAFI

Havvacıgım! Canım!

Tanrının mukemmel eseri!

Harika kadını!

Beni duyuyor musun?

Ben pisman olan Adem, sana seslenen

Mézarının ta derinliklerinden,

Butun erkekler adına,

Bana düsüyor surumluluk bana,

Seytan kılıgına girip,

Ve onunla isbirligi yapip,

Karsılıksız sundugun temiz yuregini,

O sevgi mabedini

Ilk gunahla, ben kirlettim demek,

Ve de itiraf etmek..

Affet beni Havva, ilahi kadın,

Canim, yuregim, damarlarımda akan kanım;

Affet o cirkin, igrenc yalanı

Ve inkar edip Büyük Yaratan’ı

Etimden ve kemigimden,

Seni ben yarattım ben, dedim,

Kendimi, hasa Yaratan yerine koydum,

Hem dogurtan baba hem doguran ana oldum

Ve analıgın kutsal rolünü çalıp yılan-seytana kandım.

Affedin beni, ilahi analar, kadınlar!

Esim, bacılarim, kızlarım, canlarım,

Gok gozlu, gece gozlu, çimen gözlü,

Melek yüzlü, bal sözlü,

Herbiri kusursuz elmas, ender inci gibi kadınlar,

Kadın dusmani erkek domuzlar

Degerinizden ne anlarlar?

Affedin beni, harika kadınlar,

Analar, bacılar, kızlar, canlar,

Size, Tanrının “Sevgi ve Bilgi Agacı’dan

Guzel meyvaları yerine, çürüklerini ben verdim,

Iyiyi kötüden, karayı aktan ayırmayı ben engelledim;

Ve sizi seytanın tuzagına düsüren,

Tanrının Terazisiyle oynayan yine ben,

Bilim yerine, bos inançları, saftataları asılıyan hep ben,

Sizi onulmaz acılara, karanliklara surukliyen ben,

Bas suçlu benim, tüm insanların babası Adem Baba, ben;

Sizlere Günesi haram eden, dört duvar arasında,

Sokakta kara çarçaflara, karanlıklara,

Kiskanç ve bencil ruhumla mahkum eden yine ben,

Iste o acayip, o ilkel yaratık ben!

Affedin beni haremlere kapatılan,

Irzlarına tezavuz edilen, dövülen, taslalan,

En igrenc suçlamalarla sizlere iftara edilen kadınlar.

Askı, sevgiyi, erkek ver kadın esitliyini kutsal gören

Cok kadınla evliliyi, siddeti, irza girmeyi lanetliyen

Kutsal ayetleri ben deyistirdim, ben;

Sonra karanlıklara sıgınan

Bir yarasa misali kaçarak, aydınlıktan

Gözünün önüne cehennem kâbusunu seren ben

Bilinçlenmiyesin, uyanmıyasın diye sen.

Ah ne denli nankör, ne denli zalimim ben!

Zira yaz kıs, soguk sıcak demeden,

Ben bencil ve duyarsız sıcakta mısıl mısıl uyurken

Sen’din ilahi Ana, kapakları sis uykusuz gözlerle

Ciyak ciyak aglıyan bebeyini sallıyan sen

Ve o tatlı sesiyle ninnilerle uyutan yine sen, sen’din sen.

Afedin beni ilahi kadınlar

Esim, anam, bacim, kızım,canlar;

Kötü örnek olmamı cocuklarıma, torunlarıma

çamura, pisliye buladıgım yasantım la.

Ve mahser günü yaklasırken

Kurtulmak için cennem atesinden

Vicdanim sizlar, ve de bin pisman,

Yuregim acı ve kan kupu kan,

Tüm ölenler adına ve de yasıyan,

Muskacı, ufurkcu, sahte mucizeler uyduran

Tosboga zirhi gibi dini kullanan

Guruh takımı yobazlara kurban,

Ilahi kadınlar,

Esim, kızlarım, bacılarım, canlar,

Kanatları kırık ak güvercinler

Paramparça olmus yürekler

Önünüze diz çöküp,

Ve mubarek ellerinizden öpüp,

Af diliyorum af,

Affedin beni

Affedin

Affet…

Af.

A..

 

E. GUNES

Islami  saygınlıgı ile tanınan bir babanın Diyarbakır Üniversitesi Fransız dili ve Edebiyatı eski ögretim görevlisi .


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Dernière mise à jour : ( 08-03-2008 )
 
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