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Chers lectrices et lecteurs, comme vous l'avez sans doute remarqué, le site n'est que peu actualisé ces jours ci... Non que nous ayions baissé les bras, mais tout simplement parce que le soleil est là, avec les vacances... nous sommes à la belle saison où les nuits sont longues et où les jupes sont courtes... En attendant que reviennent septembre et son cortège d'impératifs, nous vous proposons ce petit poème sur le raki, intitulé " La mémoire et le raki ", traduit du français au turc par Antoni yalap. Bonne fin de vacances à tous... et à la votre !!!
La mémoire et le Raki,
Par Aurélien Roulland
Le Bosphore, je l'ai dans les yeux
Calme comme le ney qui s'endort
Je pleure des türküs malheureux
De vers en verres en cornes d'or,
La mer noire, il faut la penser
Dans les voiles de la nuit qui tombe
Elle coule en anis étoilé
Des fraicheurs bleues de catacombes;
Je suis l'immense voie lactée
Cette infinité des épices,
J'exhale du christal ensablé
La gloire de tes temps jadis
Comme Byzas le bien aimé
Petit fils de posséïdon
Jaillit la Cité des Cités
Des abysses noirs et profonds
Exhume la Thrace des mers
Où nous naviguions en eaux troubles
Conquérants des amours chimères
Les nuits où l'esprit se dédouble
L'Europe a commencé ici
A l'abris des souffles barbares
Caillots de lumières rubis,
Mourants aux plages de mes remparts
Je revois ces orgies de miel
Et ces mers d'or de céréales
L'esclave s'exclaffant au soleil
Du fruit oranger lacrymale
Ô l'Athènes des saveurs antiques
Ô Sparte des sacrifices passés
Vos grandeurs dés lors ont sombré
Aux miroirs d'océans mystiques
Et le pourpre d' élans romains
Laissant les visages livides
La folie des temps justiniens
Qui se tramaient sous les chlamydes
Renais divine Theodora
Renais la catin de l'Empire
A Sainte Sophie il pleure parfois
Le murmure des derniers soupirs
Ô senteurs des splendeurs passées
Au ventre de ton firmamant
Quand je voguais, alcoolisé
Ma semence de lion coulant
En méandres entre tes seins pâles
Noyant ton corps efflorescent
Je giclais en ivresses mâles
Et toi Théodora, mon sang
Les nazars boncuks éclatants
Constantinople déjà morte
Regardent passer les ottomans
Qu'on discerne la Sublime Porte
Allah tout puissant, protégez
Les chat-ires de l'Anatolie
Quand deux verres d'eau pour un mezze
Dissimulent le lait interdit
Et j'humectais jusqu'à la moelle
Lors qu'on jouit dans les délices
Baignant au harem des étoiles
Et que les tulipes tapissent
L'aurore des fractales turquoises
Sur ce Bosphore marqué d'iris
D'où me douchent en lumières sournoises
Ces riminiscences de l'anis
Ce vent brûlant des dardannelles
Dans les tranchées froides où j'afflue
Ces mains qui ont peur et m'appellent
Ces mains d'enfants tristes que l'on tue
Ce vent brûlant qui me remplit
Comme un reflet qui s'illumine
Comme un long feu d'artillerie
S'enflammant de comêtes fines
Et dans mes transparences souffrent
Le poème de mes nuits revêches
Ce vent brûlant et qui s'emgouffre
En défilés de gorges sèches
Il est mort, Kemal, c'est fini !
Ses yeux bleus désormais émergent
Du temps sur les murs de Turquie...
Quand l' ôde du RakI me submerge...
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Bellek ve Rakı
Aurélien Roulland
Çeviri : Antoni YALAP
Boğaz gözlerimin içinde
Sakin, Ney uğultusu gibi
Bedbaht türküler yükselmekte
Haliç’te, dizelerden kadehlere
Denizi düşlemeli, Kara
Geceyi saran bir örtü
Akıyor, anason gibi berrak
Katakombların mavi serinliğinden ;
Uçsuz bucaksız samanyoluyum ben
Şu sonsuz baharatlar diyarıyım
Toz kapmış Kristal kokuyorum
Geçmiş zamanların ihtişamı
Poseidon’un torunu
Sevgili Bizas gibi
Fışkırdı kentlerin kenti
Derin ve kara uçurumlardan
Dirildi Trakya denizlerden
Bulanık sularında yüzdüğümüz
Hayal aşkların Fatih’leri gibi
Ruh ikircikliğinde gecelerin
Burda doğdu Avrupa
Barbar solukların uzağında
Kalelerimin kıyılarında sönen
Yakut rengi ışıltı pıhtıları
Görüyorum yine o bal âlemini
Tahıl altını denizleri
Güneş tenli güleç köleyi
Göz yaşartan narenciye meyvesi
Ey, antik lezzetlerin Atina’sı
Ey, geçmiş adakların Spart’ı
Görkeminiz o an işte battı
Esrarengiz okyanusların aynalarında
Ve Roma’lıların kızıl hamleleri
Korkudan sarartan yüzleri
Justiniüs’ün çılgın dönemi
Klamid’lerin gizinde dokunan
Tez diriliver Theodora
Canlan yine imparatorluk yosması
Aya Sofya’da ağlıyor bazen yine
En son solukların uğultusu
Ey geçmiş görkemin kokusu
Göbeğinde gökyüzünün
Gidip gelirken, sarhoş
Akarken arslan tohumlarım
Solgun memelerinin arasında
Taşkın bedenini boğarcasına
Fışkırtarak erkeksi sarhoşluğumu
Ve sen Theodora, kanım
Parlak o Nazar boncukları
Çoktan ölmüş Konstantinopolis
Seyreder geçerken Osmanlı’ları
Şaşmasın kimse Bâb-ı Ali’yi
Allah-ü Ekber, Koru yarabbi
Anadolu’nun şairlerini
Bir mezeye iki bardak su
Saklayıp gizlerken sütü
Islatırdım iliğine dek
Zevkten uçarcasına
Yıldızlar hareminde yıkanırken
Ve lâleler kaplarken
Fraktallerin türkuvaz seherini
Gökkuşuğanı süsleyen Boğaz’da
Sinsice akıyor tenimde ışıltıları
Anasonun derin hatıraları
Çanakkale’nin yakıcı rüzgarı
Döküldüğüm soğuk hendeklerde
Beni çağıran bu ürkek eller
Katledilen çocukların üzgün elleri
Beni dağlayan bu yakıcı rüzgar
Aydınlığa çıkan gölge gibi
Ağır bir topçu atışı gibi
Kuyrukluyıldız gibi parlayan
Ve acı çeker şeffaflığımda
Hırçın gecelerimin şiiri
Bu yakıcı rüzgar dalarken
Boğazı kurumuş
Öldü Kemal, bitti herşey!
Mavi gözleri doğuyor ama
Türkiye’nin her bir yanında …
Boğulurken ben Rakı destanında …
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Quelques explications de l'auteur :
- Le poème est écrit avec l'ossature de La mémoire et la mer, en clin d'oeil à Léo Ferré. Chaque strophe raconte l'histoire du raki, que l'on dit aussi vieux que le vin ou la bière, au travers des siècles, à une époque différente,s'il pouvait se souvenir d'Istanbul, de son enfance à sa maturité ( époques greques, romaines, ottomanes, républicaine...)
- Le fondateur de Byzance, aujourd'hui Istanbul, serait selon la légende nul autre que le roi Byzas, petit fils du Dieu Posséidon.
- Pendant longtemps, Spartes et Athènes se sont disputés Byzance...
- Les chlamides étaient des manteaux portés par les grecs et les romains dans l'Antiquité.
- Théodora, femme de Justinien fut appellé par ses détracteurs la putain de l'Empire, elle aurait déclaré que malheur soit le fait qu'elle n'ai pas assez de trous pour jouïr. Elle était fille d'un montreur d'ours, et donc de milieu modeste. Arrivée sur le trône elle aurait eu une vie irréprochable et aurait même sauvé le trône de Justinien dont la couleur était le pourpre.
- On appelle le raki, aslan sütü : le lait du lion
- On sert le rakı dans deux verres depuis l’histoire d’un certain calife qui, sous la pression des intégristes, avait interdit la consommation d’alcool dans l’empire. Il se rendit un jour incognito dans un débit de boisson, et s’étonna de voir les gens consommer deux verres d’« eau » à la fois. On lui expliqua que c'était pour contourner la loi sur la consommation de l’alcool. Bon prince, il promulga un décret, autorisant la consommation de rakı, seulement dans 2 verres séparés.
- La Sublime porte était le nom qui désignait l'Empire Ottoman.
- Chat-ire, ou chat de colère, désigne les poètes de Turquie. En Turquie le mot poète se dit şair et se prononce... chat-ire
- La Tulipe est une fleur originaire de la Perse et de la Turquie où elle croit à l'état sauvage.
- La Turquoise est la pierre des turcs, qui avant d'être musulmans, étaient shamans...
- La dernière strophe fait bien évidemment allusion à la bataille des Dardannelles, et les derniers vers laissent naissance à l'avenir...
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